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COVID-19 : HI défend une aide humanitaire ne laissant personne de côté

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Droits | Insertion | Plaidoyer | Prévention | Protection | Réadaptation | Santé | Urgence | International | PUBLIÉ LE 25 juin 2020
un enfant réfugié fait des exercices de kinésithérapie avec un professionnel de HI

Un kiné de HI mène une séance de réadaptation durant l'épidémie covid 19 dans le camp de réfugiés de Cox's Bazar, au Bangladesh | ©HI

A l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, HI a publié son dernier rapport basé sur des données et des témoignages de 19 de nos pays d'intervention soulignant la nécessité d'une réponse humanitaire inclusive au COVID-19.

Des témoignages sur l'action humanitaire inclusive des pays d'intervention de HI

Le rapport Covid-19 in humanitarian context: No excuses to leave persons with disabilities behind!, compile :

  • des données quantitatives basées sur des évaluations d’impacts du COVID-19 sur nos bénéficiaires, dans 9 de nos pays d’intervention (Bangladesh, Egypte, Haïti, Indonésie, Philippines, Jordanie, Liban, Somaliland et Togo),
     
  • des témoignages de personnel et de bénéficiaires illustrant ces impacts dans 11 pays (Kenya, Myanmar, Pakistan, Palestine, Philippines, Somaliland, Sud Soudan, Rwanda, Thaïlande, Ouganda et Yémen),
     
  • ces données couvrent différents contextes humanitaires en Asie, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique, et se concentrent sur les obstacles exacerbés et les besoins croissants des personnes handicapées dans divers domaines : moyens de subsistance, sécurité alimentaire, accès aux services WASH, santé, protection et mesures préventives liées au COVID-19.

Mettre en lumière les impacts et les difficultés spécifiques de la COVID-19 pour les personnes handicapées

Dans les pays touchés par un conflit ou une catastrophe ou dans les pays fragiles, la pandémie accroît la discrimination à l'encontre de certains groupes, notamment les personnes handicapées. Elle entraîne des risques et des obstacles disproportionnés pour les hommes, les femmes, les garçons et les filles handicapés.

« Les personnes handicapées sont touchées psychologiquement et physiquement par la crise du COVID-19. Elles subissent les effets négatifs des mesures de protection ; elles passent toute la journée à la maison parce que certaines d'entre elles, notamment les enfants handicapés, les personnes âgées et les personnes ayant certaines incapacités physiques, ont des problèmes de santé secondaires ou un système immunitaire défaillant. Le fait d'être à la maison pendant une longue période, sans pouvoir accéder aux services, peut être source de stress et de dépression. Les personnes handicapées peuvent se sentir anxieuses et craindre d'attraper le virus, surtout lorsqu'elles ne peuvent pas se permettre d'acheter les équipements de protection ou qu'elles dépendent d'un aidant pour leurs activités quotidiennes. Les enfants handicapés qui ont cessé d'aller à l'école peuvent être confrontés à la violence domestique en raison de leur isolement ou d'un changement de routine. Les travailleurs journaliers et ceux qui ont un contrat temporaire ont perdu leur source de revenus. Cela crée beaucoup de détresse car ils ne savent pas comment subvenir aux besoins de leur famille ou acheter leurs médicaments", témoigne Reham, conseiller technique réadaptation pour HI dans la bande de Gaza (Palestine).
 

Un focus sur les personnes déplacées et les réfugiés handicapés

Parmi les 70 millions de réfugiés dans le monde, environ 15% vive avec un handicap. On estime que 9,7 millions de personnes handicapées dans le monde ont été déplacées de force à la suite de conflits et de persécutions. Dans les situations de conflit, ce nombre est beaucoup plus élevé.

Ce rapport fait entendre la voix de personnes vivant avec différents types de handicap et résidant dans différentes zones géographiques, notamment dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées et dans les communautés d'accueil. 

Les personnes handicapées déplacées sont confrontées à des défis supplémentaires pour se protéger et protéger leurs familles. Elles font également face à des obstacles pour accéder aux services, dans des camps surpeuplés, remplis de personnes confrontées à la pauvreté, souvent sous-alimentés et qui se sont installées dans ces camps dans la panique. Cet environnement, avec un accès limité aux services de base et spécialisés, est particulièrement propice à la transmission du virus.

Au Rwanda, Sabiti, 41 ans, vit dans le camp de réfugiés de Kiziba. Il a des difficultés à entendre et à parler, et travaille comme cordonnier. Au début de l'épidémie, il n'avait pas accès à des informations concrètes sur le COVID-19, car il n'y avait pas d'interprétation en langue des signes. "J'aurais pu contracter le COVID-19 sans le savoir. Les gens ont commencé à rester chez eux... Ma famille m'a dit que je ne pouvais pas sortir et me déplacer, mais ils ne pouvaient pas m'expliquer clairement pourquoi je ne pouvais pas aller travailler".   Dans le camp, il y a environ 70 personnes qui ont des difficultés d'élocution et d'audition, laissées sans aucune information.

 

En raison du confinement et d'autres mesures préventives, les services humanitaires, y compris la fourniture d'une aide de base et spécifique, ont été interrompus, restreints ou entravés. De nombreux réfugiés handicapés dépendent totalement de l’aides humanitaire (Kakuma au Kenya, Cox Bazaar au Bangladesh, etc.).

Au Pakistan, Abdul Baqi, 50 ans, amputé, vit dans le camp de réfugiés de Jalala Afghan Mardan avec sa femme et ses 10 enfants. Suite à l'épidémie de COVID-19, Abdul Baqi a également dû fermer son échoppe près du camp de réfugiés. Il a donc été privé de sa seule source de revenus qui lui permettait de nourrir sa famille. "Je n'ai pas peur que mes enfants attrapent le COVID-19. Mon inquiétude est que je ne puisse pas les nourrir", dit-il. Abdul est également inquiet pour sa maison : les fortes pluies ont endommagé le toit, qui risque de s'effondrer pendant leur sommeil.

 

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, HI a demandé aux États de débloquer immédiatement l'aide humanitaire. Touchés par la crise alors qu'ils accueillent des réfugiés, les États doivent veiller à ce que les personnes handicapées ne soient pas abandonnées, ni empêchées d'accéder à l'aide humanitaire. Les organisations humanitaires comme HI sont le dernier recours pour les personnes les plus vulnérables, y compris les personnes handicapées déplacées qui dépendent de l'aide humanitaire pour survivre. On ne doit pas nous empêcher d'atteindre les personnes qui en ont besoin.

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